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3 raisons de la déroute des 5 équipes africaines à la coupe du monde 2018

10 défaites, 3 victoires et 2 nuls : voilà le bilan des 15 matches joués lors de la phase de groupes par les 5 équipes africaines qualifiés pour la coupe du monde Russie 2018 : Maroc, Tunisie, Egypte, Sénégal et Nigéria. Triste ! Aucune d’entre elles ne s’est d’ailleurs qualifiée pour le second tour, ce qui n’était plus arrivé depuis le mondial 1982 joué en Espagne.

Si je dois comparer cette coupe du monde à une guerre, je dirai que les équipes africaines n’ont gagné que quelques batailles. Elles ont perdu la guerre finalement. Le Nigéria et le Sénégal qui pouvaient encore se qualifier lors leur troisième et ultime match ont perdu les armes à la main. Mais à quoi ça sert de perdre les armes à la main et de rester dans la dynamique de « L’essentiel est de participer » ? Retour sur les trois raisons qui selon moi expliquent cette déroute.

Les équipes africaines n’étaient pas au niveau 

 

Si les équipes africaines ne se sont pas qualifiées, c’est parce que leurs adversaires ont été meilleurs et ont montré plus d’envie. Le Maroc aurait mérité mieux vu le contenu de ses deux derniers matches. Pareil pour le Nigéria qui a bien rebondi après sa défaite inaugurale face à la Croatie. Son deuxième match face à l’Islande, plaisant surtout en seconde période, a redonné espoir à tout un continent. Les Super Eagles n’ont pas tenu la dragée haute face à l’Argentine. L’Egypte, elle, a trop compté sur sa star Mohamed Salah, arrivé blessé au Mondial et pas à 100% de sa forme lorsqu’il a joué face à la Russie et l’Arabie Saoudite. Une seule hirondelle ne fait pas le printemps, dit-on. L’Egypte a d’ailleurs perdu ses trois matches et reste la mauvaise élève de la classe. Elle doit encore attendre pour enregistrer sa première victoire en coupe du monde. La Tunisie a sauvé l’honneur en remportant son troisième match, qui a compté pour du beurre face au Panama. Les aigles de Carthage n’ont pas vraiment existé lors des deux premiers matches surtout face à la Belgique où elle s’est lourdement inclinée 5 buts à 2.

Le Sénégal qui a fait rêver tout un continent après son premier match et sa victoire 2-1 sur la Pologne est allé decrescendo. Cette victoire a été suivie d’un nul 2-2 décevant face au Japon et d’une défaite 0-1 contre la Colombie. Ils n’ont pas fait preuve de constance. Première équipe à avoir remporté une rencontre lors de cette compétition, le Sénégal n’a pas confirmé et rentre à la maison comme les 4 autres équipes. Même si il est éliminé au fair-play pour avoir pris 6 cartons jaunes contre 4 pour le Japon.

 

 

Manque de concentration

 

« La fin d’une chose vaut mieux que son commencement » dit le passage biblique. Un match de football, c’est 90 minutes voire plus. Les 5 équipes africaines l’ont carrément oublié. Egypte, Tunisie et Maroc lors de leurs premiers matches. Sénégal et Nigéria lors de leurs deuxièmes et troisièmes matches. C’est l’Egypte qui a ouvert le bal en s’inclinant dans les derniers instants 0 but contre 1 suite à un coup franc évitable contre l’Uruguay. La Tunisie en a fait autant dans un match où elle n’a pas montré grand-chose face à l’Angleterre. Elle s’est inclinée 1-2, sur un dernier corner, alors qu’elle tenait le 1-1. Le Maroc a fait encore pire en marquant un but contre son camp dans les derniers instants face à un Iran qu’il était censé battre. Hervé Renard et ses joueurs venaient de compromettre leur qualification pour le second tour dans une poule où il y avait le Portugal et l’Espagne. Vu la façon dont ils ont perdu face au Portugal lors du second match et obtenu le nul face à l’Espagne lors du dernier, cette défaite face à l’Iran leur a été fatale pour la suite.

 

Le Sénégal, qui a mené deux fois au score face au Japon, s’est fait rejoindre sur des erreurs défensives et dans des moments où les joueurs étaient moins concentrés. Ils ont probablement dit adieu à ce moment là à une possible qualification en 8e de finale. Avec 6 points, ils auraient été plus confiants face à la Colombie lors du dernier match où un nul les envoyait au tour suivant. Un nul qu’ils ont longtemps cherché face à une Colombie pas terrible et qui a quand même réussi à les battre avec un but inscrit dans le dernier quart d’heure. Le Nigéria aussi avait juste besoin d’un nul face à l’Argentine lors de son dernier match. Les joueurs de Gernot Rohr ont tenu jusqu’à la 86e minute avant de céder 1-2 contre l’Albiceleste. Qui dit manque de concentration dit forcément manque d’expérience.

 

 

Manque d’expérience

 

Lorsque l’on est expérimenté, il y a des fautes que l’on ne commet pas et des coups de pieds arrêtés que l’on ne concède pas dans les ultimes moments d’un match. On sait aussi gérer ses temps forts et ses temps faibles. On essaie aussi d’être efficace devant le but. Lorsque l’on a l’occasion de creuser l’écart ou de prendre l’avantage, on n’hésite pas tout en faisant preuve de dextérité. Le Nigéria, qui était l’une des équipes les plus jeunes du tournoi, en a fait les frais devant l’Argentine. Le Sénégal, lui, face au Japon et à la Colombie. La plupart des joueurs des équipes africaines jouaient leur première coupe du monde. La dernière participation du Maroc à une coupe du monde remontait à 1998. L’Egypte revenait après 28 ans d’absence, les sénégalais après 16 ans. La dernière participation de la Tunisie remonte à 2006 en Allemagne. Seul le Nigéria de John Obi Mikel était présent au Brésil en 2014. Mais le Nigéria de 2018 a été largement rajeuni. Autant dire que les 5 équipes africaines ont cruellement manqué d’expérience.

Une dernière raison que je trouve non négligeable est le nombre pas assez suffisant du 12e homme, ou du 12e Gaïndé comme disent les sénégalais, pour soutenir les équipes du continent. Les supporters nigérians n’ont pas fait le poids face à ceux de l’Argentine tout comme les Gaïndé sénégalais devant les supporters des Cafeteros.



Une vie de touriste et beaucoup d’émotions

J’ai vu, comme un touriste, les pyramides de mes propres yeux.

C’était fabuleux!

Je suis resté sans voix.

Et dans l’émoi.

 

J’ai vu à travers l’itinéraire culturel,

Les richesses touristiques et culturelles,

Du Caire

Ou du Vieux Caire.

 

Le Sphinx, au Caire sur le site des pyramides de Giza
Crédit photo: Flash Ebene/Déc 2017

 

Pyramides de Giza,

Dahchour et Sakkara,

Citadelle Salah Eldine et Quartier d’El Azhar,

Rue d’El Moez et Musée du Caire.

 

J’ai vu le Sphinx.

Il est grand, gigantesque et fixe.

Il a le nez un peu cassé.

Mais, quelle ingéniosité !

 

J’ai vu pour la première fois des momies.

De ma part une audace et une folie.

Quelques jours après avoir flippé devant « The Mummy » de Tom Cruise, j’ai dû prendre mon courage à deux mains

Profiter de cette occasion unique et ne rien remettre à demain.
J’ai vu comment se fait le papyrus.

Tout un processus.

Quelle créativité,

Pour conserver l’histoire de l’humanité !

 

J’ai revisité l’Egypte antique,

Pharaonique,

Après le collège et le cours théorique,

Le cours pratique.

 

J’ai vu la place Tahrir.

De l’Egypte récent, tout un symbole.

Des découvertes folles

En trois jours.

 

 


Quand ton prénom fait de toi ma petite sœur

Par analogie ou par procuration, tu es devenue ma petite sœur.

Et moi, ton grand frère.

Ton prénom a suffi pour arriver à cette inspiration.

Débordante, mon imagination ?

 

Au début, je trouvais drôle

De jouer ce rôle,

Que tu m’as donné.

Et que j’aime bien jouer.

 

J’en suis ravi, avec le recul.

Je me dis que c’est un privilège d’être ton grand frère.

Toi, qui dans ta démarche de mannequin, ressemble à Naomi Campbell.

Ça ne doit pas arriver tous les jours.

Naomi_Campbell_Cannes
Crédit photo: Georges Biard

Tu m’as fait penser à elle tel un déclic.

Le jour où, Florence et moi t’avions accompagné dans ce magasin de perruques.

Si tu n’as pas ses yeux,

Marcher naturellement, comme elle dans les défilés de mode, est déjà fabuleux.

 

T’es belle comme une éthiopienne.

Et autant mignonne.

Tu as ce grain de beauté

Et cette remarquable gracilité.

 

Tu as ce regard innocent.

Ce rire chantant.

Ce nez particulier.

Et ce sourire en coin qui m’est devenu familier.

 

Je te trouve assez respectueuse,

Travailleuse,

Compréhensive,

Et brave.

 

Mais, aussi honnête,

Patiente,

Calme,

Comme un britannique qui a du flegme.

 

Tu as tout ce qu’un grand frère voudrait chez une petite sœur.

Tu es une frangine qui n’affiche presque pas ou jamais de mine patibulaire.

Ce qui ne t’empêche pas d’être taquine.

Et super maline.

 

Ta tendresse

Et ta gentillesse

Ne sont plus à démontrer

Ni à prouver.

 

Je te signale qu’une partie de ma barbe, depuis un moment, a commencé à devenir blanche.

C’est un signe de sagesse à ce qu’il paraît.

Ce qui veut dire que toi et moi, nous n’irons jamais au clash.

Je ne vois pas d’ailleurs l’intérêt.

 

Tu peux compter sur mes conseils avisés.

Pour des cours d’Ewe[1], je suis également disposé.

Ce sera davantage pour toi un atout.

Et aussi, une façon de mieux prononcer entre autres « Midounou »[2].

 

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, ce ne sera pas gratuit.

Tu devras consentir régulièrement, lors du déjeuner au resto chez Mustapha, à me laisser ton dessert.

Surtout les fruits.

Incompatible avec le rôle de grand frère ?

 

[1] Langue parlée essentiellement au sud du Togo.

[2] Littéralement « Mangeons » en Ewe est une invitation à manger.


L’hiver alexandrin est bien arrivé ou « winter has come »

Non, ce billet n’est pas un spoiler de l’ultime saison de la série Game of Thrones (GoT) qui sortira finalement à l’été 2019. Ah l’été ! Que il me manque ! Pour le fan de GoT que je suis, ce n’est plus l’hiver vient ou « Winter is coming » mais l’hiver est bien arrivé ou « Winter has come » ici à Alexandrie, tout comme dans la série. Un hiver alexandrin qui est là depuis un moment déjà et dont je souhaite vous parler.

Pour le subsaharien que je suis, il fait vraiment super froid ici. L’européen, le canadien ou l’américain, voire même l’alexandrin ou l’égyptien, tous n’auront pas le même avis que moi… Il fait très froid, surtout le matin et le soir, quand il n’y a pas de soleil. Avec des températures qui oscillent entre 8 et 12°C, c’est un véritable mystère, douloureux. Un matin, en allant en cours, j’ai été sidéré de voir un gars plongé dans la mer au niveau de la corniche. Moi qui ne jure que par l’eau chaude… « Ici il fait froid à l’extérieur comme à l’intérieur » a lâché un jour  Laeticia, une amie burkinabé, revenue de ses congés de fin d’année à Paris. A Paris, son appartement disposait d’un système de chauffage, mais ici dans mon appart, ce n’est pas le cas !

Mon appareil de chauffage, quand il marchait encore

Je me rappelle de cette soirée où, en attendant le bus pour rentrer, mes mains ont failli geler. J’aurais dû porter des gants, je l’avoue. Mes poches m’ont sauvé.  Je me souviens également de toutes ces fois où le vent a soufflé tellement fort que j’ai cru être emporté comme dans un tourbillon. Ça n’aide pas d’être svelte, maigrichon et efflanqué comme moi en de pareilles circonstances.  J’essaie de maintenir mes pieds au sol et de marcher à pas feutrés tant bien que mal. Je vacille. Je chancelle. Au pire des cas et malgré moi, je danse le moonwalk comme Michael Jackson !

De la sandalette aux fringues que je dois porter une fois rentré, tout est froid. Le pompon, c’est mon lit : il est glacial. Il est comme trempé dans l’antarctique. Cet appareil, de mauvais aloi, qui me sert de chauffage et me donne souvent des maux de tête, ne fait pas le poids. Ses ampoules sont d’ailleurs grillées. Pour aller me coucher, c’est tout un rituel : je prends d’abord une douche bien chaude, ensuite je repasse mes couvertures que j’ai triplées depuis un moment. Les chaussettes aussi ! Je mets un bonnet, parfois une écharpe. Je me blinde quoi ! Ou disons plutôt que je me couvre bien. Il ne me manque que la godasse pour aller jouer au foot !

Ces solutions se révèlent souvent éphémères. Une autre amie, Yvette, camerounaise, m’a filé une astuce. Et ça marche plutôt bien ! Il s’agit de simuler une bouillote :  je remplis d’eau chaude une bouteille plastique d’eau minérale d’une capacité de 15 à 20 litres au bas mot. Je place ensuite cette bouteille sous mes couvertures et tout près de moi. Le tour est joué ! Mes couvertures et le lit restent bien chauds, jusqu’au petit matin. La bouteille, il m’arrive de la caresser, de l’étreindre, de la serrer comme … une femme ! Certains hommes, lorsqu’ils réussissent à mettre une femme dans leur lit,  l’appellent leur « chauffage naturel ». Tout un concept !

Il y a encore d’autres moyens, comme par exemple couvrir le sol de tapis, placer un seau rempli d’eau chaude dans sa chambre et laisser la vapeur la réchauffer ou carrément positionner ses couvertures au-dessus du seau un moment afin de les réchauffer. Je ne n’ai pas encore essayé. Mais si vous aviez d’autres techniques ou astuces de grand-mère, n’hésitez pas à les mettre en commentaire. C’est un immense service que vous me rendriez, ça pourrait vraiment m’aider !


Tasharafna

Je t’aurai dit en Arabe: tasharafna.

Autrement dit : Enchanté.

Si l’occasion m’était donnée de te rencontrer

Pour la première fois comme si on ne se connaissait pas

 

Tu avais l’air inaccessible,

Austère et pas du tout affable.

Mais, ce n’était qu’une impression

Et un véritable procès d’intention.

 

Tes anciens verres te rendaient trop sérieuse.

C’était vraiment dommage !

Mais, dès que tu souriais, c’était autre chose

Tu révélais ton joli et mignon visage.

 

Ta face est en réalité celle d’un chérubin,

Un ouvrage divin,

Admirable comme une rose

Et un véritable régal quand t’es joyeuse.

 

Tes nouveaux verres, je kiffe !

Ils te font ressembler à Daniel Radcliffe,

Qui incarne Harry Potter dans son adaptation au cinéma.

Ce qui confirme ton aura.

 

Dans ce laps de temps assez court,

J’ai découvert ton rire,

Ta gentillesse,

Et ta tendresse.

 

Nous nous sommes découverts des atomes crochus.

Ce qui n’était pas évident au début.

A l’aéroport d’Accra, tu avais pris mon surplus de kilo.

Sans trop rechigner, tu m’as déchargé, un tantinet, de mon fardeau.

 

J’adore tes petits pieds,

Ta petite bouche, ta joue balafrée ou scarifiée.

J’aime cette cicatrice de brûlure que tu as à la main droite.

Elle ressemble à un joli tatouage réalisé avec une parfaite réussite.

 

J’aime ta façon de m’appeler,

Avec cette voix de capricieuse,

Et surtout cette douceur qui la caractérise.

Je ne suis pas indifférent à ta manière de me regarder.

 

Quand tu poses ta tête sur mes épaules, c’est le pied !

Lorsque tu t’endors, je suis apaisé.

Quand nos bras se croisent, c’est enviable

Et superbement admirable.

 

Quand tu poses ta tête sur mes genoux,

Que je caresse ton visage,

Je suis aux anges.

J’imagine que pour toi, c’est super doux.

 

Tu es sublime avec ton pardessus en Jean.

Comme sur cette photo, où assise, tu portes une chemise blanche et une jupe bleue.

Tu y parais magnifiquement clean,

Insolemment attirante avec cet air sérieux.

 

J’aime quand tu m’écoutes,

Prends mes conseils en compte.

Car remplie de beaucoup de vertus,

Tu ne joues pas à la têtue.


A quelle heure changeras-tu de couleur de peau ?

Dans la rue à Alexandrie, le fait de vous demander l’heure qu’il fait peut être considéré comme du racisme.
Crédit photo: FLASH EBENE

 

Pour lui, c’était comme un jeu d’enfant. Ce jeune homme pointait l’index de sa main droite vers le poignet de sa main gauche tout en me regardant avec un sourire narquois. Alors que je ne portais pas de montre, c’était comme s’il me demandait l’heure qu’il était en cet après-midi où je quittais la Bibliotheca Alexandrina -l’une des plus grandes bibliothèques du monde- pour retourner à pied à l’Université Senghor. Le Chef du département Environnement nous avait prévenu. Certains anciens étudiants nous avaient mis la puce à l’oreille. Je n’étais donc pas vraiment surpris par ce geste. Le jeune homme me demandait en fait l’heure à laquelle je changerai de couleur de peau. Autrement dit, quand je passerai de ma peau noire à la peau blanche ou à sa couleur de peau (blanche ou basanée, c’est selon). Je l’ai tout simplement ignoré. Il est revenu à la charge pour me refaire le même geste avec un sourire plus railleur encore. Fallait-il lui répondre ? Ce n’était pas la peine ! J’ai dû contenir ma rage et mon envie de lui faire la morale. Je n’ai pas bronché et je suis resté encore une fois indifférent. Finalement il a compris le message, heureusement. Il n’a plus récidivé.

Payer l’impôt ou la taxe sur sa couleur de peau

Ici c’est une habitude, par certains gestes qui nous sont adressés – comme ce fut mon cas – qu’on nous pose ce genre de question. Parfois, les questions nous sont directement et verbalement posées, soit en anglais soit en arabe. Les enfants vous toucheront même le bras avant de vous les poser. C’est ce qui est arrivé à ce camarade Burundais dans un supermarché. C’est de cette façon que les sub-sahariens payent quotidiennement ici ce que l’historien Pap Ndiaye appelle  l’impôt ou la taxe sur la couleur de peau dans son ouvrage « La condition noire, essai sur une minorité française » (paru en 2008).

Dans la rue, tu es interpellé : on te demande si tu es Soudanais, car ici et à priori, tout Noir est Soudanais. Tu es souvent la risée des autres. Quand tu marches, tous les regards sont tournés vers toi et, à un moment donné, tu entends les gens glousser et s’esclaffer. C’est ce qui m’est arrivé la dernière fois que je me suis promené avec une camarade Camerounaise : un groupe de filles voilées, après nous avoir fixé longuement, nous ont dépassé et se sont esclaffées de rire. J’ai même entendu l’une d’entre elles s’exclamer : « Oh my God » ! Tu entendras aussi un « Samara » qui veut dire littéralement « brûlé par le soleil » à ton endroit. Est-ce une injure ? Une remarque désobligeante ? Tu as parfois l’impression d’être un pestiféré quand tu vois dans certains regards et dans certains comportements la crainte ou le dégoût. « Tout le monde nous regarde comme si nous étions des extraterrestres » a lâché ma compatriote avec qui je rentrais un jour. Parfois, dans le bus, le moindre contact involontaire peut être considéré comme un crime de lèse-majesté. Certains te toisent quand vos regards se croisent et t’évitent ensuite du mieux qu’ils le peuvent.

Objet de curiosité car différent

Tu sens parfois que tu es juste un objet de curiosité. Je le remarque dans le regard des gosses, ils sont étonnés, surpris, voire même terrifiés de voir des personnes d’une couleur de peau différente de la leur. Les plus jeunes et les plus âgés engagent la conversation, ils veulent savoir d’où tu viens, la raison de ta présence dans leur quartier, leur ville (Alexandrie) et leur pays (l’Egypte) ainsi que la durée de ton séjour. Il y en a même qui demandent à prendre des photos ou des selfies avec toi, ce que j’ai toujours refusé. Des photos ? Pour quoi faire ? Pour aller les montrer à leurs amis et à leurs proches ? Pour leurs dire : « Venez regarder ! J’ai pris une photo avec un Noir ! » D’autres te demandent même ton numéro de téléphone. Pour en faire quoi ? Je ne saurais le dire. Se lier d’amitié peut-être… Les plus sympathiques vous diront « bonjour » car ils savent que vous êtes francophones et ils esquisseront un sourire à votre endroit. Les bienveillants par leur sollicitude vous rendront service. La vie d’ici est manichéenne : il y a le bon et le mauvais côté des choses.


Ici, le weekend, c’est le vendredi le samedi

Alexandrie, la ville portuaire et cosmopolite
Crédit Photo: Flash Ebène

 

Prologue

Nouveau pays, nouvelles habitudes suis-je tenté de dire. Et pour cause, l’adaptation à une nouvelle vie à des milliers de kilomètres de chez soi n’est pas chose aisée. Loin de là ! Surtout lorsque tu te trompes constamment sur les jours de week-end et que tu dois faire une révolution linguistique pour converser et te fondre dans la masse.

Ici le week-end, c’est vendredi-samedi et la semaine commence le dimanche. Pour moi qui ai eu l’habitude de commencer mes semaines le lundi et d’avoir mon week-end le samedi et le dimanche, c’est un réel chambardement. Je m’embrouille ! Je prends le dimanche pour le lundi, le lundi pour le mardi, le mardi pour le mercredi… et c’est comme ça toute la semaine !

Ici, il n’y a que des gratte-ciels. Pour vous dire que les habitations sont faites tout en hauteur. Ce qui n’est pas une mince affaire si on n’est pas fan d’altitude. Du 11ème étage de l’immeuble où j’habite, je me retrouve souvent à regarder en bas par la fenêtre ou à étendre mon linge sur le balcon. Je m’arme alors de beaucoup de courage pour ne pas avoir le vertige, et pour calmer ma frayeur : celle de tomber dans le vide. Il faut également être toujours prêt à se plier à l’ascension du « Mont Escalier » lorsque l’ascenseur est en panne.

Ici, les cafétérias, les restaurants font florès, sont légions et sont souvent bondés. La plupart a le wifi et sert du thé et du café. On y fume aussi la chicha. Ici c’est « Salé sucré » comme l’indique le nom du restaurant devant lequel je passe souvent. Quand la nourriture n’est pas trop sucrée, elle est salée, et vraiment trop aigre parfois !

Ici, que tu le veuilles ou non, tu seras fumeur passif. Ton interlocuteur ne te demandera pas la permission avant d’allumer sa cigarette sous ton nez. Le chauffeur du bus, hermétiquement fermé, en fera autant ; de ses passagers, il n’en a cure.

Ici, c’est comme un grand marché, il y a beaucoup de commerçants et de revendeurs. Il y a pratiquement tout. Les fruits et beaucoup d’autres choses sont vendus au kilo. Les échoppes sont ouvertes jusque tard le matin. Comme vous pouvez l’imaginer, c’est bruyant. L’appel à la prière est régulier, tout au long de la journée.

Ici, il faut parler surtout l’arabe dialectal et dans une moindre mesure l’anglais. Avec le français, vous n’avez pas de chance, à moins de tomber par hasard sur un francophone. Lorsque tu te retrouves en face d’un interlocuteur arabe, les signes, les gestes et Google traduction peuvent être d’un grand secours. La photo d’un produit que tu veux acheter l’est également.

Ici, les filles et les garçons sont super stylés. Même voilées (elles ne le sont pas toutes), les filles sont par exemple souvent en jean slim moulant avec des baskets ou des sneakers en tous genres. Comme le dit la chanson, elles sont toutes « belles belles belles ». Très peu d’entre elles portent le voile intégral. Les garçons sont moins en djellabah qu’on aurait pu l’imaginer. Ils aiment plutôt les pantalons et jeans slim, les jolies chemises, t-shirts, polos ainsi que les chaussures de classe et de sport.

Ici, sur les routes, ce n’est pas comme à Lomé, il y a surtout des voitures et des bus (mini et longs), des calèches aussi, mais très peu de motos (voire presque pas !). C’est donc tout le contraire de Lomé. Ici les taxis sont noirs et jaunes. Leurs conducteurs ne font pas toujours preuve d’honnêteté, vous pouvez par exemple faire un prix au départ de « fourteen « (14) pounds. A l’arrivée, il te dira que ce n’est pas « fourteen » mais « fourty » (40) et que tu n’avais pas bien entendu ! Il s’en suit forcément de longs pourparlers pour aboutir in fine à un prix à l’amiable.

Ici, tu trouveras des chats grassouillets pratiquement à tous les coins de rues. Ici, on te demandera si tu es soudanais ou si tu viens d’Afrique. Ici, on t’appellera « Habibi » qui veut dire littéralement « chéri(e) ». Mais c’est plutôt une façon affective et sympathique d’appeler les gens. Ici, c’est Khaled Ebn El Walid. Ici, c’est Miami. Pas celui des Etats-Unis hein ! Ici, c’est Asafra. Ici, c’est Momen. Ici, c’est Fleming. Ici, c’est El Mansheya. Ici, c’est Alexandrie. Ici, c’est le pays des pharaons. Je veux dire l’Egypte.

 

Epilogue

C’est depuis Alexandrie (nord de l’Egypte) – vous l’aurez compris, la ville portuaire et cosmopolite projetée par Alexandre le Grand et développée par Ptolémée 1 – où je poursuis mes études supérieures à l’Université Senghor, que je vais désormais animer ce blog. Et ce n’est pas pour rien -je dois avoir des dons prémonitoires (rires) – que le slogan de « Lomé Inside » est : « Lomé vu de l’intérieur et parfois de l’extérieur à travers ma plume ». Ça fait maintenant plus de deux mois, bientôt trois, que je suis ici. La vie d’ici me plaît, mais elle est aussi difficile, différents sentiments qui cohabitent en moi… Je ne vous cacherai pas que j’ai le mal du pays. Je viens donc de vous livrer mon premier billet sur ma nouvelle vie ici. Puisse l’inspiration m’aider à en faire une série !

 

 


Ma superbe interlocutrice

Crédit: Anouchka Ophélie

A l’époque, rare tu te faisais

Une fois le cours fini, tu disparaissais

Tu ne traînais qu’avec ton sac et personne d’autre

Il ne me fallait pas plus pour décupler mon envie de te connaître.

 

En amphi, j’étais souvent derrière toi

Je te taquinais parfois

Je faisais aussi des blagues pour attirer ton attention

Je réussissais peu ou prou et non sans frustration.

 

Ton prénom a attisé ma curiosité

Ta voix captivante a attiré mon attention

Ton tempérament a suscité mon admiration

La lecture, cette passion commune, nous a rapproché.

 

A part les textos, je t’appelais souvent

Puis, nous avions commencé par échanger des romans

Tu étais fan de Danielle Steel et de Mary Higgins Clark

Tu aimais 50 Cent où plutôt son tube « Amusement Park ».

 

Aux sceptiques de l’amitié homme-femme

Toi et moi sommes un joli pied de nez

Depuis bientôt dix ans que nous maintenons cette complicité

Rien n’a pu faire chanceler cette flamme

 

J’adore nos discussions ô combien enrichissantes

J’aime leur quantité autant que leur qualité

Pour nous, passer du registre familier au soutenu via le courant n’est point une corvée

Cette facilité que nous avons de transiter du drôle au sérieux est plus que vivifiante.

 

J’aime quand nos avis divergent souvent

Ta maturité et ton esprit critique m’impactent positivement

Car tu me montres une autre façon de penser et de voir les choses

Nos valeurs et principes presque identiques nous gardent en osmose.

 

Tu es à moi ce que le journal intime représentait autrefois

Tu es la chambre d’enregistrement de mes joies et désarrois

Tu sais m’écouter et me conseiller

Les bonnes questions, tu sais me les poser.

 

Tu es ma superbe et belle interlocutrice

Ma confidente préférée et attitrée

Pour rien au monde, je ne t’échangerai

Car causer avec toi est un pur délice.

 

Des amies comme toi sont rares

C’est plus qu’une chance de t’avoir

Notre amitié résistera à tout, même la distance

Merci pour tout Délivrance.


Kris Miranda, la passionnée du make-up

Elle aime s’habiller chic et classe. Ses passions sont la mode, le dessin et l’art. Son amour pour le make-up ou le maquillage vient d’ailleurs de là. Née le 21 août 1992 à Lomé, Anoko Miranda Christopha Sitsofé Lawson-Placca, puisque que c’est d’elle qu’il s’agit est plus connue sous le nom de Kris Miranda dans le milieu du make-up togolais et surtout sur les réseaux sociaux (FacebookInstagram et Twitter). « J’ai juste pris mes deux prénoms Miranda Christopha. J’ai inversé l’ordre et enlevé le « topha pour faire « Chris Miranda ». Ne voulant point que cela donne un air de prénom masculin, j’ai changé le « Ch » en « K ». Ce qui donne « Kris Miranda » explicite-t-elle. Maquilleuse professionnelle et artistique, Kris MakeUp est la start-up qu’elle a créée. Titulaire d’un bac scientifique et ayant fait des études supérieures en économie internationale à l’Université de Lomé – elle tient toujours à obtenir sa licence, rien, a priori ne la prédestinait à embrasser une telle carrière. Et ce n’est pas sa maman qui a du mal à comprendre son choix qui dira le contraire. Comment est-elle donc arrivée à faire de sa passion son métier ? Quelle est la particularité de Kris MakeUp ? Que pense-t-elle de l’entrepreneuriat ?

 

Kris Miranda
Crédit: Kris Miranda

 

L’avant Kris MakeUp

Après plusieurs stages et petits boulots dont le tout dernier de six (6) mois à Premium Esplanade, un Lounge bar, en tant que caissière, Kris Miranda s’est résolument engagée dans l’entrepreneuriat en se tournant vers sa passion de toujours : le maquillage. Toute la genèse de Kris MakeUp vient donc de cette dernière expérience professionnelle. Tombées sous son charme notamment la façon dont elle se maquillait, les serveuses du local qu’on pourrait considérer comme ses premières clientes, voulaient qu’elle leur en fasse autant. Quelques tutoriels make-up de perfectionnement visualisés sur YouTube ajoutés à ses précédentes expériences professionnelles, ses études notamment quelques cours en statistique économique ainsi que les conseils d’entrepreneurs chevronnés l’ont finalement convaincue de créer Kris MakeUp.

 

Models Rebi et Patricia
Crédit: Wody Yawo

 

Model Farida
Crédit: Jerry Orlando

 

D’abord le virtuel, le physique ensuite

Kris MakeUp a entamé les démarches pour devenir une entreprise légalement constituée d’ici fin 2017. Cela n’a pourtant pas empêché sa fondatrice de la rendre visible sur les réseaux sociaux où se trouve la majorité de sa clientèle. En procédant ainsi, Kris Miranda a voulu apporter une nouvelle touche au monde du make-up togolais. « Ici, au Togo, on est habitué à ce que certaines choses soient physiques avant de fonctionner » explique-t-elle. « Moi, poursuit-elle, je veux montrer la différence en commençant d’abord par le virtuel avant d’aller au physique ». Même si elle ne néglige pas l’ouverture d’un salon Kris Make-Up censé définir son lieu de travail, Kris Miranda préfère pour le moment se concentrer sur le rayonnement en ligne de sa boîte et aime se déplacer chez ses clients et clientes. « A l’étranger, souligne la jeune entrepreneuse, les grandes maquilleuses se déplacent beaucoup pour maquiller les clientes chez elles malgré qu’elles aient de grands salons. Il suffit de passer un appel, discuter de votre choix de make-up et ensuite on vous livre le make up chez vous tranquillement ».

 

Model Anita
Crédit: Jerry Orlando

 

Une clientèle variée

Kris Make-Up est avant tout un service de make-up professionnel et surtout artistique « en ligne livré chez les clients » selon les propres termes de sa fondatrice. Sa clientèle, constituée d’hommes et de femmes est aussi diverse que variée : particuliers, designers, artistes de la musique. « Je maquille (…) pour des défilés de mode, des shootings artistiques ou pour présenter une collection d’un designer, (…) les artistes (…) lors du tournage de leurs clips vidéo » indique Kris Miranda. A chaque type d’évènement son make-up à l’instar du fashion show make-up, le bridal make-up, le make-up fluorescent, le make-up nude et sophistiqué, le make-up hot et le make-up artistique.

 

Sandra, une cliente
Crédit: Kris Miranda

 

« Vous aurez l’impression d’être fou »

Quand je lui demande s’il est facile d’entreprendre, Kris Miranda répond que l’entreprenariat n’est pas un « monde facile ». « Vous aurez, dit-elle en riant, l’impression d’être fou ». C’est beaucoup de responsabilité car « tout repose sur votre épaule » confie-t-elle. Elle ajoute : « Vous êtes le seul à pouvoir faire réussir votre business même si vous avez une équipe qui travaille avec vous ». Elle poursuit : « Vous dormez à peine, puisqu’il faut émettre plein d’idées, gérer, s’informer des nouveautés, apprendre, planifier, surveiller votre marché et vos concurrents, (…) mettre toutes les stratégies qu’il faut chaque jour pour réussir et tout ceci constitue le sacrifice du succès de votre entreprise ». A l’en croire, le soutien de la famille, des amis et des partenaires est aussi important comme l’est également la propre confiance en soi et en ses capacités de réussir même si ce n’est chose aisée. Regrette-t-elle sa vie d’avant, faite de stages et de petits boulots notamment à MSC Togo et Nestlé-Togo ? « Honnêtement, je préfère ma vie d’entrepreneur parce que je suis mon propre chef et je sais ce que je gère. Je ne rends compte à personne » réplique-t-elle. Elle a cependant eu du mal au début à s’intégrer dans le monde de la mode à Lomé et à en vivre. « Je n’étais, analyse-t-elle, point connue. Mais aujourd’hui, j’arrive à en vivre et je rends grâce à Dieu ». Sa plus grande fierté est d’avoir réussi à se faire un nom « dans le monde du fashion à Lomé », de voir ses œuvres partagées dans la sous-région. Et quand elle parle d’œuvres, elle fait référence à ses make-up artistiques. D’où lui vient d’ailleurs l’inspiration ? « Je fais des recherches sur Internet » affirme Kris Miranda. Elle rappelle au passage qu’elle est passionnée d’art. « Ensuite, continue-t-elle, j’essaie de créer une harmonie d’images dans ma tête pendant des semaines que j’exprime sur le visage des mannequins ». Il arrive aussi que l’inspiration lui vienne de la contemplation du visage d’un mannequin. « Le reste, conclue-t-elle, c’est au mannequin de pouvoir dégager l’expression du make-up fait et au photographe de savoir comment prendre l’image ou si c’est un faiseur d’images, cela agrandit encore plus le make-up artistique comme c’est le cas du photographe Jerry Orlando».

 

Model Irène Crédit: King’s Studios

 

 

Courant 2018, Kris Miranda envisage l’ouverture de son salon. A moyen terme, elle entend rendre encore plus visible Kris MakeUp au Togo et dans la sous-région ouest africaine. A long terme, elle entend internationaliser sa boîte. De Kris MakeUp, à n’en pas douter, on n’a pas fini d’entendre parler.

 

Model Cornelia
Crédit: Wody Yawo