Le « Bon Maraîcher », pionnier de la distribution de produits agricoles

En décembre 2016, ils ont décroché le premier prix du Forum des jeunes entrepreneurs du Togo. Ils sont 5 au total : deux filles et trois garçons tous âgés de 22 ans. Les initiateurs ou les créateurs de la jeune pousse ou, pour faire branché, de la start-up « Bon Maraîcher », puisque c’est d’eux qu’il s’agit, sont spécialisés dans la livraison à domicile de produits agricoles locaux et bio (fruits et légumes essentiellement).

Bruno (1er) et Honoré (4ème) de la gauche vers la droite.

Je les ai rencontrés. Enfin, deux d’entre eux : Honoré Kedji et Bruno Apedo, respectivement étudiants en Gestion commerciale et Marketing et en Comptabilité Finance et Contrôle, dans leurs locaux qu’ils partagent avec d’autres start-ups non loin de la place Anani Santos ex Fréau Jardin à Lomé. Habillés en costard avec chemise simple en dessous, ils ont répondu volontiers à mes questions. C’est en fait Honoré Kedji qui s’est plié à l’exercice, Bruno Apedo lui ayant laissé le soin de parler au nom du Bon Maraîcher.

 

Faciliter la tâche aux femmes fonctionnaires

Parti d’abord du constat et ensuite d’une enquête qui leur a révélé que les femmes salariés et les fonctionnaires de la classe moyenne ont moins de temps à consacrer à leurs courses au marché, ces jeunes étudiants en parcours licence pour certains et Brevet de technicien supérieur (BTS) pour d’autres de l’Ecole supérieure d’administration et de gestion (ESAG-NDE) ont voulu leur faciliter la tâche tout en valorisant par la même occasion les produits agricoles bio et locaux.

« Pour faire savoir aux clients ce que nous avons dans la semaine, nous passons des annonces sur les réseaux sociaux et à travers l’application Whatsapp » nous explique Honoré. Mais ils reçoivent également des appels directs de la part des clients dont 80% sont des fonctionnaires et des libéraux. « Nous travaillons, poursuit-il, en partenariat avec certains producteurs que nous avons sélectionnés ». Des producteurs qui se trouvent à Badja et à Kpalimé.

« On s’emploie nous-mêmes (…) »

De lundi jusqu’à jeudi midi, ils enregistrent les commandes des clients qui sont pour la plupart dans leur base de données. Ils contactent ensuite les producteurs avec lesquelles ils collaborent. Le vendredi, ils s’arrangent pour rentrer en possession des produits et le samedi dans la matinée, ils font eux-mêmes la livraison (10 à 15 en moyenne par semaine) à moto. « Nous sommes certes créateurs d’entreprise, mais on s’emploie nous-même pour le moment » confie le jeune Honoré. Les produits sont livrés souvent dans des paniers en fil de fer. Et dans leur jargon, un panier peut correspondre à un mélange d’oranges, d’ananas, de bananes et de papayes. Il peut être aussi composé de carottes et de betteraves. Un panier coûte 3500, 5000 voire 7500 FCFA selon le mélange et le nombre de kilogrammes.

Conquérir les hôtels et restaurants

Depuis un an déjà qu’ils ont commencé, ils affirment rencontrer les difficultés ordinaires auxquelles font face les entreprises débutantes. Cependant, les conseils et témoignages d’entrepreneurs expérimentés leur permettent d’avancer. Honoré, Bruno et leurs trois autres cofondateurs ambitionnent d’étendre leurs livraisons aux restaurants et hôtels. D’ici un à deux ans, le Bon Maraîcher entend contribuer à l’accroissement de la production locale et bio et participer par ricochet à l’émergence économique du pays. « Nous voulons satisfaire (…) et fidéliser les clients actuels » ajoute Honoré Kedji, le porte-parole du Bon Maraîcher du jour et de notre rencontre. Mais dans l’immédiat, c’est-à-dire dans trois-six mois, cette start-up veut augmenter son chiffre d’affaires. Une augmentation qui devra se traduire par une autre : celle de la clientèle.

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