Le genre à Donald, c’est la caricature de presse

Tenir un discours devant un public, ce n’est pas son genre. Et il a vite fait de le préciser au public venu assister à la présentation et à la dédicace de son premier recueil de caricatures couplée de la sortie du cinquième roman de kangni Alem, Les enfants du Brésil le 22 juillet dernier à la résidence de l’Union européenne au Togo. « Prendre la parole, ce n’est pas facile » a-t-il dit provoquant ainsi au passage le rire de l’assistance. Son genre, vous l’auriez compris, ce sont les caricatures avec lesquelles il s’exprime mieux. Aklassou-Gana Kossi Donald de son vrai nom et plus connu comme Donald, puisque c’est de lui qu’il s’agit, n’est pas un quidam. C’est un caricaturiste de renom au Togo. Surtout pour les lecteurs et abonnés du quotidien privé togolais Liberté –assez critique à l’égard du régime en place- où il travaille depuis 2008. Mais aussi pour les lecteurs d’autres journaux avec lesquelles il collabore : Golfe Info, Focus Infos, triangle des Enjeux, Sika’a et Viva.

« (…) Donald est arrivé à créer un style de communication qui lui est propre, si bien que ses caricatures peuvent être tout de suite identifiées sans même sa signature, ce qui est un indicateur de réussite »

Intitulé Cari-Actu, ce premier recueil de caricatures sur la l’actualité togolaise et internationale concernant des sujets aussi divers comme l’économie, la politique, la jeunesse, l’éducation et la santé n’est que le premier tome des plus de 3000 caricatures que Donald a publié avec Liberté entre 2012 et 2017. Si ce recueil a vu le jour, c’est justement grâce à ses caricatures « sur » ou « contre » l’Union européenne comme l’a fait remarquer Donald lui-même. Des caricatures qui ont poussé la curiosité d’abord de Patrick Spirlet et ensuite de Nicolas Berlanga-Martinez respectivement ambassadeur de l’UE au Togo de connaître celui qui se cachait derrière lesdites caricatures. « (…) Donald est arrivé à créer un style de communication qui lui est propre, si bien que ses caricatures peuvent être tout de suite identifiées sans même sa signature, ce qui est un indicateur de réussite » affirme Berlanga-Martinez dans la préface de l’ouvrage. C’est ce dernier qui l’a incité à sortir ce premier recueil. « Pour nous, ajoute l’ambassadeur, c’est de l’humour avec un message, des instantanés captés par le crayon d’un artiste qui est aussi un observateur attentif de la vie au Togo ». Et Donald qui n’aime pas la censure a dû faire des concessions sur le choix des caricatures de Cari-Actu. « Avec l’ambassadeur, a-t-il confié, on a choisi les dessins qui font moins mal ».

Pour ceux qui aimeraient voir les dessins qui font plus mal, les anciennes et futures caricatures de Donald dans Liberté piaffent d’impatience de provoquer chez eux réflexion et sourire en coin.

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