Kangni Alem : « (…) Dans la démarche d’un écrivain la plupart du temps, ce n’est pas ce qu’on trouve qui est intéressant. C’est ce qu’on n’a pas trouvé ».

L’écrivain togolais Kangni Alem a présenté et dédicacé son cinquième roman Les enfants du Brésil samedi dernier à Lomé. « Le Brésil autrement, c’est tout ce que je prenais pour le paradis » a-t-il expliqué lorsqu’il s’est agit de révéler la genèse de ce cinquième ouvrage que d’aucuns ont qualifié d’un récit d’une construction des apparences. Mais également, d’un voyage réel vers le Brésil et d’un voyage à rebours vers l’enfance des personnages (Galva,  Santana et Djibril).

Kangni Alem : « J’ai écrit un roman en 2009 qui s’appelle Esclaves, qui a été publié en portugais, qui a eu un certain succès dans les milieux afro-brésiliens notamment dans la ville de l’ambassadeur [du Brésil au Togo] à Recife. Quand j’étais parti pour la première fois au Brésil en 2006, je ne savais pas réellement ce que j’étais allé chercher. J’avais une vague idée. Je voulais écrire sur l’histoire de l’esclavage entre le Brésil et le Golfe de Guinée notamment le royaume du Dahomey. Mon idée de départ était entre guillemet de réhabiliter un roi du Dahomey dont on ne parle plus qui s’appelle Adandozan. Et puis, à un moment donné de l’écriture du roman, le Brésil s’est imposé à moi tout seul. Sauf que, quand ça m’arrive de parler des choses que je ne connais pas, je suis mal à l’aise. Donc, un jour, j’ai décidé d’aller au Brésil pour voir si le Brésil allait m’inspirer. C’est comme ça que je m’y suis retrouvé en 2006 et j’ai fini par écrire ce roman sur Adandozan et la mémoire des esclaves afro-brésiliens. Sauf que, dans la démarche d’un écrivain la plupart du temps, ce n’est pas ce qu’on trouve qui est intéressant. C’est ce qu’on n’a pas trouvé. Tous les jours, pendant trois mois quand je circulais entre Rio, Salvador de Bahia et Recife, j’avais un carnet. Et je notais toutes les expériences qui m’arrivaient ou les expériences  que provoquais parfois, les choses les plus futiles. Et quand j’avais fini de publier Esclaves, il me restait ce carnet de note de voyage. Et dans toute cette histoire, il y a un personnage qui n’arrêtait pas de me poursuivre. Qui en fait, m’a aidé énormément pendant mon séjour. Il s’agit d’une jeune dame qui s’appelle Galva. Mon portugais était lamentable. J’étais bon en portugais uniquement pour acheter de la nourriture. Pour lire les archives, j’avais un dictionnaire, j’utilisais un traducteur automatique. Je me débrouillais. Et puis, je suis tombé sur cette étudiante en anthropologie qui m’a aidé à avancer. Elle m’a raconté beaucoup de choses d’elle. Et moi, pour lui rendre hommage à la fin, j’ai décidé d’écrire un roman dans lequel elle serait le personnage. (…) Cette personne m’a raconté le Brésil autrement. (…) Elle me montrait toujours l’envers du décor ».

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