« C’est (…) le couronnement de plusieurs années de travail » (Daniel Addeh)

Lauréat du prix « Prix Lorenzo Natali 2017 » qui invite les journalistes professionnels comme amateurs à s’intéresser à des questions de développement, d’éradication de la pauvreté et de démocratie entre autres, le journaliste togolais de la Radio Télévision Delta Santé (RTDS) Daniel Addeh explique dans cette interview que c’est le « couronnement de plusieurs années de travail ».

 

Tu es le lauréat du « Prix Lorenzo Natali 2017 » pour le journalisme dans la catégorie

professionnelle pour l’Afrique. Que revêt ce prix pour toi ?

 

Vous savez je suis le second togolais  à avoir remporté ce prix, mais je suis le premier journaliste. C’est un sentiment de satisfaction et particulièrement le couronnement de plusieurs années de travail. Vous pouvez donc imaginer ma joie.

 

Daniel Midodji Addeh recevant son prix

 

Ce prix m’a permis de rencontrer beaucoup de journalistes étrangers et des personnalités de renom qui travaillent dans le domaine du développement, et d’autres part,  il m’a permis d’appréhender notre métier autrement. Et particulièrement d’envisager d’autres projets.

 

Raconte-nous comment en es-tu arrivé là !

 

J’ai entendu parler de ce prix alors que j’étais en Ethiopie en 2016 pour recevoir un autre prix sur les changements climatiques. Alors, de  retour à Lomé,  j’ai fait des recherches sur internet mais le prix en question n’était pas encore lancé. Et c’est  quelques mois après que j’ai vu l’appel à candidature sur les réseaux sociaux et j’ai postulé sans hésiter. Vous connaissez la suite.

 

Quel changement ce prix peut-il avoir dans ta carrière ?

 

Beaucoup de choses. Ce prix m’a permis de rencontrer beaucoup de journalistes étrangers et des personnalités de renom qui travaillent dans le domaine du développement, et d’autres part,  il m’a permis d’appréhender notre métier autrement. Et particulièrement d’envisager d’autres projets.

 

(…) J’ai fait ce choix parce que je voulais faire part aux autorités togolaises de la situation de ces enfants.

 

Quel sujet et quel support as-tu choisis pour concourir ?

 

L’article qui m’a permis de remporter ce prix est intitulé:  « On avait juste besoin d’énergie solaire pour réussir ». Je l’ai publié sur mon blog. Et il a été repris par certains sites d’informations. Il parle des conditions d’études des élèves du petit village d’Agbetim, situé à une trentaine de kilomètres de la ville de Tsévié (environ 35 km au nord de Lomé). Faute d’électricité dans le village, les apprenants ne peuvent  réviser leurs leçons les soirs qu’en mettant des piles neuves, une fois par semaine, dans leurs torches. Et pour cela, ils vont dans la forêt couper du bois pour le revendre au plus offrant.

 

(…) On pourra avec les autres journalistes appréhender autrement notre métier pour faire de grandes choses.

 

Pourquoi ces choix ?

 

Parallèlement à mon travail à la télévision, j’ai eu la chance de collaborer avec beaucoup de médias étrangers. Le constat que j’ai fait au cours de ces collaborations est que ces médias sont plus intéressés par le traitement des sujets d’impacts contrairement à ce qu’on fait  au Togo. C’est donc depuis ce moment que  j’ai compris que je pouvais contribuer à changer  positivement la vie des populations qui vivent dans des conditions d’extrême pauvreté grâce à mon arme qui est ma plume. Donc pour revenir à votre question, j’ai fait ce choix parce que je voulais faire part aux autorités togolaises de la situation de ces enfants et montrer par ailleurs le travail exceptionnel abattu par les jeunes étudiants de la start-up EP GROUP, qui installe des panneaux solaire dans les villages.

 

Une partie servira à aider ses enfants et l’autre partie à m’équiper en matériel. Car j’ai de nouveaux défis à relever.

 

Avec ce prix, que penses-tu pouvoir changer au Togo ?

 

Dans l’immédiat rien. Vu que ce n’est qu’un prix. Mais dans le temps, on pourra avec les autres journalistes appréhender autrement notre métier pour faire de grandes choses.

 

En plus du trophée du prix, tu as empoché 5 mille euros. Que comptes-tu faire avec cette somme ?

 

Rires… Beaucoup de choses. Une partie servira à aider ses enfants et l’autre partie à m’équiper en matériel. Car j’ai de nouveaux défis à relever.

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