Pikaluz, le puriste qui prône le retour aux sources du Hip-hop togolais

Rage et assurance caractérisent le flow de Pikaluz à qui j’attribue déjà à tort ou à raison l’ego surdimensionné d’un Kanye West. Et tel un docteur ou un puriste, il pose le diagnostic de l’état de santé du Hip-hop togolais. Tout simplement malade, le genre a perdu de sa superbe constate-t-il amèrement sous la forme d’un coup de gueule. A l’en croire, les promoteurs mettent plus en valeur des artistes venus d’ailleurs. C’est fort de ce constat qu’il sort deux singles : Obéna et surtout Bintoua dans lequel Pikaluz  veut purifier le Hip-hop togolais et appelle tous les rappeurs à un retour aux sources.

« Je les appelle vraiment à un retour aux sources car la plupart des artistes qui ont commencé avec le Hip-hop ont dévié vers le commercial » fait remarquer le natif de Kodjoviakopé ou de la cité K, un quartier populaire de Lomé. Toujours dans Bintoua, il clashe Mic Flammez, un nom connu du Hip-Hop togolais. Aurait-il viré vers le commercial? Ou querelle de quartier?

S’il a choisi de rapper en Mina ou en Ewe, c’est selon, dans ces deux singles, c’est parce qu’il s’y sent à l’aise. « C’est ma langue maternelle, se justifie t-il. C’est de là que je peux m’exprimer à fond. Il est temps qu’on valorise notre propre langue aussi. Avec le Mina, je peux conquérir le Togo, le Bénin, le Ghana voire la diaspora ». Il précise par ailleurs la sortie prochaine de singles aussi bien en Anglais qu’en Français.

De retour du Ghana voisin où il a fait des études en cinématographie, Pikaluz est soutenu et rassuré par la Team Atiglinyi fondé par ses soins et dont les membres sont de jeunes talents ayant pour but de promouvoir la musique et la fraternité au sein de la cité K. Adzakey Kodjo Enyonam à l’état civil, Pikaluz – condensé de Papi, un autre de ses surnoms, Kodjo, de Adzakey et de Luz signifiant lumière en Espagnol – n’est pas un perdreau de l’année dans le rap game. Et à ceux qui croiraient le contraire parce qu’ils n’a pas encore d’album à son actif, il souligne que déjà en 2007, il a collaboré avec Black T, Master T et le groupe Most Wanted sur le titre Ancien dont il a composé le refrain. Lorsqu’on lui demande si c’est un album qui se prépare avec son retour au pays et les deux singles, il répond : « Si Dieu le permet, pourquoi pas ? » A ceux qui colportent à tort ou à raison des rumeurs sur lui, il les laisse parler et continue d’avancer. N’est-ce pas le message qu’il véhicule dans Obena ?

 

 

 

 

  4 comments for “Pikaluz, le puriste qui prône le retour aux sources du Hip-hop togolais

  1. Amadou
    11 mai 2017 at 19 h 21 min

    Beau billet. En dehors de mon activité professionnelle (journalisme), je suis dans le monde des cultures urbaines. Je comprend le coup de gueule de ce rappeur. Le Hip Hop est dénaturé par le souci de plaire et de vouloir vendre (commercial). Il a un flow intéressant le mec !

    • ananiagboh
      12 mai 2017 at 9 h 13 min

      Le constat, amère, semble être le même partout. En voulant plaire et vendre coûte que coûte, les rappeurs vire vers le commercial et surtout des tubes dancefloor. Ils nous diront qu’ils s’adaptent tout simplement aux lois du marché.

      • Amadou
        12 mai 2017 at 10 h 08 min

        Effectivement. D’ailleurs la plus part ne maitrisent pas les bases. Ni bon en lyrics ni un flow digne de ce nom. Au final, on des rappeurs chuchotent sur le micro avec une voix noyée par un beat trop fort ou trop ambiance 😉 Plus de message, juste l’enjaillement

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