Mes analyses sur le premier tour CAN 2017

La phase de groupes de la CAN 2017 s’est achevée mercredi dernier avec des fortunes diverses pour les 16 équipes participantes. Je vous livre ici mes analyses sur ce premier tour.

 

Les petits poucets ont respecté leur rang

 

Excepté quelques coups d’éclats, les équipes réputées faibles des 4 poules n’ont pas déjoué les pronostics – pas en leur faveur. Après un match nul (1-1) inaugural, qui plus est face au pays organisateur (Gabon), la Guinée Bissau n’a pu confirmer en perdant respectivement (1-2 et 0-2) contre le Cameroun et le Burkina-Faso lors de ses deux derniers matchs dans le groupe A. Dans la poule B, le Zimbabwe aussi, après un match nul (2-2) convainquant où il a même mené au score avant d’être rejoint, face à l’Algérie, l’une des équipes citées parmi les favorites de la compétition, a perdu ses autres matchs. Le Togo et l’Ouganda n’ont pas fait autre chose dans les poules C et D. Ces deux équipes quittent aussi la compétition avec 1 point dans leurs gibecières. Là où bissau-guinéens, zimbabwéens et togolais ont obtenu leur premiers points lors du premier match, les ougandais ont fait le chemin inverse et ont attendu l’ultime match pour parvenir au même résultat (1-1 face au Mali).

 

Des éliminations plus ou moins logiques

 

Les têtes de série comme le Gabon, l’Algérie et la Côte d’Ivoire – championne en titre – ont connu le bide auquel elles-mêmes ont contribuées. A quelques semaines du tournoi qu’il allait abriter, le pays hôte s’est permis de changer de sélectionneur. Jorge Costa, viré, a laissé sa place à l’espagnol José Antonio Camacho. Le climat socio-politique lié aux dernières élections présidentielles dans le pays conjugué à un appel au boycott de la CAN n’a pas apporté la sérénité autour des Panthères qui quittent la compétition après trois matchs nuls. Dans la même logique, les Algériens auront aussi connu trois coaches. Entre un Christian Gourcuff parti d’un commun accord avec la fédération algérienne de football, un Milovan Rajevac dont les méthodes étaient trouvées ringardes par certains cadres des Fennecs et un Georges Leekens venu jouer au sapeur-pompier, la mayonnaise n’a jamais pris dans ce qui ressemblait à une erreur de casting. Avec deux matches nuls et une défaite, les algériens n’ont pu tenir leur rang de favoris. Ils s’en vont sans avoir atteint le second tour. Peu inspirés, les ivoiriens n’ont pas valablement défendu leur couronne. Après un match nul et vierge (0-0) contre le Togo, réputée l’équipe la plus faible de la poule C dite « de la mort », la Côte d’Ivoire a été dans la réaction plutôt que l’action face aux léopards de la RDC (2-2). Ils perdent finalement le dernier match en s’inclinant devant le Maroc (0-1), quittent la CAN 2017 plus tôt que prévu et la tête basse. L’absence d’un Yaya Touré ou d’un Gervinho a sûrement pesé.

 

 

Les confirmations

 

Au titre des confirmations, le Sénégal truste la première place. Après avoir enregistré 6 victoires en autant de sorties lors des éliminatoires du tournoi, les Lions de la Teranga terminent premiers de la poule B devant la Tunisie (qu’ils ont battu 2-0), l’Algérie (match nul 2-2) et le Zimbabwe (victoire 2-0). Les sénégalais sont plus que jamais de sérieux prétendants au titre. Nonobstant sa défaite contre l’Egypte (0-1) lors du dernier match dans la poule D, le Ghana – qui va généralement en demi-finale –  a également confirmé qu’on pouvait compter sur lui pour la suite. Mais son jeu inquiète. Qualifié avant le dernier match, les Ghanéens ont brillé par leur efficacité et leur expérience (1-0 face à l’Ouganda et au Mali). Sorti sur blessure face à l’Egypte, l’expérimenté attaquant des Black Stars Gyan Assamoah, auteur du seul but ghanéen face au Mali, serait une énorme perte pour l’équipe.

 

 

Ce serait également une injustice si la RDC ne faisait pas partie des équipes confirmées. Après une troisième place obtenue à la précédente Can en Guinée Equatoriale et le sacre en 2016 au CHAN avec Florent Ibenge en poste depuis près de six ans, la RDC est arrivé à la CAN avec des certitudes et des valeurs sûres. Malgré le forfait du feu follet Yannick Bolasie blessé, les léopards ont terminé premiers d’une poule où les ivoirines étaient favoris. Le quart de finale qu’ils s’apprêtent à disputer face au Ghana dimanche s’annonce spectaculaire et explosif. Enfin, la Tunisie, elle aussi qui a dû puiser dans ses ressources pour se qualifier après son premier match perdu (0-2) face au Sénégal. Ils ont prouvé qu’on peut également compter sur eux et que cette défaite initiale n’était qu’un incident de parcours. Leurs victoires : 2-1 et 4-2 respectivement contre l’Algérie et le Zimbabwe le prouvent à suffisance.

Les surprises

Les petits poucets étant tous éliminés, il n’y avait presque pas de surprises à priori. Mais le Burkina-Faso qui termine premier de la poule A devant le Cameroun et le Gabon tout comme l’Egypte – septuple vainqueur de la CAN qui revient après 7 ans d’absence – devant le Ghana dans la poule D, sont quand même un tantinet des surprises dans la mesure où l’on s’attendait à ce qu’ils jouent les seconds rôles. Le Maroc, qui a enregistré de nombreux forfaits, et non des moindres, dont on compte ceux de Younès Belhanda et Sofiane Boufal avant la compétition, et sa défaite lors de sa première rencontre (0-1) contre la RDC a surpris peu ou prou en gagnant ses deux derniers matches (3-1 et 1-0 respectivement face au Togo et à la Côte d’Ivoire). Les Lions de l’Atlas ont sûrement bénéficié de l’expérience et de l’ingéniosité du sélectionneur Hervé Renard déjà double vainqueur de la Can en 2012 et 2015.

Alors, où mettre le Cameroun ? Vous me direz, peut être au niveau des équipes qui ont surpris. Que beaucoup de joueurs à l’instar de Joël Matip ou de Eric Choupo-Moting ont fait défection dans la tanière des lions et qu’ils sont logés à la même enseigne que le Maroc. Je trouve que le Cameroun est une équipe normale qui est montée en puissance durant ses matches du premier tour. Elle a d’ailleurs fait preuve d’un mental assez fort pour gérer la pression du match face au Gabon qui lorgnait une victoire pour se qualifier. Ils ont tenu bon. Pour moi, les lions indomptables ont juste fait respecter leur statut de quadruple vainqueur de la compétition. Mais en quart de finale, ils devront offrir autre chose et confirmer leur progression pour remporter le duel des lions face au Sénégal.

Avec les quarts de finale, une toute autre compétition, les matches couperets, débute demain. Les équipes invaincues ou qui ont fait un parcours sans faute (Sénégal, Egypte, Cameroun, Burkina-Faso, et RDC) jusque-là, peuvent tomber. Les Tunisiens, les ghanéens et les marocains vont vouloir prouver qu’ils ne sont pas des faire-valoir.

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