Ma cure de désintoxication amoureuse

Si l’amour ou aimer une personne peut être parfois comparable à une addiction (celle à l’alcool ou à la drogue par exemple), disons que je m’administre actuellement une cure de désintoxication amoureuse. Je vous explique.

@Crédit www.gettyimages.fr

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La malédiction de mon ex ?

« Je prie fort que tu tombes sur une fille dont tu seras follement amoureux et qui ne t’aimera pas en retour », m’avait écrit mon ex sur Whatsapp en guise de malédiction -c’est, en tout cas, comme ça que l’ai pris. Car elle estimait que la nature rend justice, que j’avais abusé d’elle dans une relation où mon « Tu me plais » du début ne s’est jamais mué en « Je t’aime » et ses « Je t’aime » n’ont jamais reçu pareille réponse de ma part sauf les « Ça viendra avec le temps ». Mais, rien n’est jamais venu. Ça été statique et j’ai finalement rompu avec elle après quelques mois afin de ne pas lui perdre le temps. Ce qui provoqua donc sa colère. Aujourd’hui, sa malédiction semble s’être réalisée. La nature l’a vengé. Et de fort belle manière d’ailleurs!

Dans la peau d’un amant

Comme mon ex le souhaitait, je suis donc tombé sur une fille dont j’étais (J’étais ou je suis ? Lol) éperdument, follement amoureux. Une fille qui a un mec. Elle voulait indirectement que je sois son amant. Elle voulait le beurre et l’argent du beurre. Une sorte de ménage à trois ou de partie à trois (ça reste cependant à vérifier, lol). Et oui, ce ne sont pas seulement les hommes qui peuvent avoir des maîtresses ! Elle a toutes les caractéristiques de la petite amie idéale : visage angélique, belle, gentille, généreusement doté d’atouts physiques comme je les aime chez les filles, entreprenante, battante et partageant avec moi beaucoup de points communs . Je suis donc tombé dans la gueule de la louve. Nous passions nos nuits à s’endetter chez Togocel, à parler de tout et de rien, à se complimenter, en échangeant des mots doux. Bref, le processus classique de séduction et des débuts de relations amoureuses, fruit des charmes des premiers jours. On s’est donc rapidement découvert des atomes crochus. Dans ses bras, la terre cessait de tourner, plus rien n’était important. Elle m’a fait oublier toutes les autres filles. C’était la femme de ma vie. Vraiment? Elle a radicalement changé mes habitudes. Je n’avais d’yeux que pour elle. « Elle n’est pas certes le nombril du monde. Mais, elle peut être le nombril de ton monde » me disait une amie à propos d’elle. Je contemplais son joli visage sans jamais me lasser. Aux relations amoureuses exceptionnelles et bien nées, me disais-je pour paraphraser Pierre Corneille, le temps n’a point d’importance. Mais, il n’a jamais été question pour elle de quitter son mec pour moi. Elle m’a eu. Elle voulait nous avoir les deux concomitamment. Ce que je ne pouvais accepter. Je voulais une petite amie, elle voulait un amant pour s’amuser avec et combler ce qu’elle ne trouvait pas chez son mec. Amoureux, il m’était difficile de rompre le charme. Malgré mes nombreuses tentatives d’éloignement, je n’arrivais (ou je n’arrive pas) à me défaire de son emprise. Aussitôt parti, aussitôt revenu! Elle devait être heureuse de m’avoir dans ce rôle d’amant où la jalousie était ma tasse de thé. Mais il fallait que je prenne mon courage à deux mains, que j’entamasse une cure de désintoxication amoureuse. Parce que je ne pouvais continuer à avoir des overdoses d’amour pour elle et perpétuer mon addiction. Il fallait adopter une méthode radicale d’éloignement.

Une cure douloureuse

Les cures de désintoxication sont dures à vivre. Amy Winehouse, si elle était toujours en vie, peut en témoigner. On peut se contenter de son titre « Rehab » quand même. Il fallait couper les ponts comme on dit. Ne plus demander d’après elle, essayer de ne plus penser à elle, m’occuper au maximum à faire d’autres choses. J’ai trouvé le moyen d’être hyper occupé surtout les weekends: matches de foot aux stades, terrains ou comme à la télévision, séries américaines à haute dose, lecture, écoute de musique, etc. Mais, il suffit d’être un tantinet seul un moment pour repenser à elle. Dieu devait m’accorder une incroyable grâce de maîtrise de soi pour résister à mes folles envies de lui écrire, de l’appeler et de la voir. J’ai donc commencé par répondre de la façon la plus laconique qui soit à ses messages. Je prenais tout mon temps pour répondre. « J’étais occupé » lui disais-je quand elle voulait comprendre mon silence et la distance que je prenais vis-à-vis d’elle. De mon smartphone, j’avais déjà supprimé toutes ses photos, tous nos messages. Il n’y avait plus aucune trace d’elle à part son numéro de téléphone qui est gravé dans ma mémoire et pas pour longtemps j’espère. Il était inutile de le supprimer. Il ne résisterait pas à la prochaine mise à jour de ma mémoire. Une autre fille, pas pour combler le vide, ferait l’affaire. Plus je fais une fixation sur comment l’oublier rapidement, plus je pense à elle. Je devrais laisser le temps au temps qui seul peut soigner mes blessures. Qu’il semble bien long ce temps ! « En amour, il ne devrait y avoir de déceptions. Que des expériences », me disait un frère. Sauf que c’est facile à dire qu’à faire. Entre la théorie et la pratique, c’est le jour et la nuit. Y a-t-il un amour sans croix ou sans souffrance?

Je sais cependant qu’on oublie pas une personne -d’ailleurs l’oublie-t-on totalement?- qu’on aime du jour au lendemain, que c’est un long processus et qu’en plus de mon cœur résilient, je l’espère, je devrais prendre mon mal en patience. J’ai finalement compris qu’en amour, on blesse ou on est blessé. Et vice-versa. On ne le fait pas sciemment même si ça en a l’air bien des fois. Cependant, la vie, elle, continue…

 

  4 comments for “Ma cure de désintoxication amoureuse

  1. Medjaka Kossi Yayra
    7 novembre 2016 at 13 h 54 min

    Humm et rehumm, tu as voulu être honnête avec ton ex et voilà qu’elle te maudit. Heureusement que tu t’es finalement tenu compte que la deuxième n’était en fait que…,en fait je ne sais pas . Malheureusement il faut ,des fois, passer par ces étapes…et on ne sort que plus grandis.

    • ananiagboh
      8 novembre 2016 at 8 h 40 min

      La deuxième est une ex future petite amie. Elle ne l’a jamais été (une deuxième) en fait! Comme tu dis Yayra, il faut passer par ces étapes tant qu’il y a pas mort d’homme (Lol) et que ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort.

  2. Dél
    7 novembre 2016 at 21 h 42 min

    Aimer:privilège ou malédiction? 🙂

    • ananiagboh
      8 novembre 2016 at 8 h 36 min

      Dél, franchement je ne saurai te répondre. C’est un sujet de dissertation philosophique ça hein!? Je continue la réflexion.

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