#SommetDeLomé : un dispositif de sécurité ô combien frustrant !

Le #SommetDeLomé, extraordinaire de l’Union Africaine sur la sécurité et la sûreté maritimes et le développement en Afrique tenu à Lomé du 10 au 15 octobre 2015, au-delà de ses objectifs, a dû léser et frustrer plus d’uns surtout ceux qui travaillent dans et dans les environs du quartier administratif, lieu des travaux, à cause forcément du dispositif de sécurité. Travaillant dans le quartier administratif, je vous livre dans ce billet mon ressenti par rapport à ce dispositif de sécurité.


« Monsieur, vous allez où ? » , « Vous ne pouvez pas passez », « Vous devez contourner », « Montrez-nous votre carte d’identité », « Nous devons fouiller votre sac » : voilà quelques-unes des phrases qu’un habitué du quartier administratif, moi y compris, a pu entendre avec un air paternaliste et condescendant des forces de défense et de sécurité quelques jours voire semaines avant, pendant et deux jours après le #SommetDeLomé (10 au 15 octobre) de l’Union Africaine sur la sécurité et la sûreté maritimes et le développement en Afrique. Ils étaient là jusqu’au lundi 17 octobre 2016. Ils étaient partout, quadrillaient ledit quartier qui avait l’air d’être en état de siège et ressemblait peu ou prou à un cimetière. Le quartier avait perdu de sa  superbe. Plus personne ne pouvait circuler librement à pieds, à moto ou en voiture. Les revendeurs et revendeuses en tous genres qui animaient le quartier ont été priés de s’éclipser et d’observer un chômage technique temporaire si je peux m’exprimer ainsi. Il fallait faire bonne figure devant les étrangers et débarrasser le quartier administratif de toute sa « lie » ou « racaille ». Il devait être chic et pittoresque.

Il ne vallait mieux pas travailler dans le quartier administratif ou aux alentours

J’ai regretté d’effectuer ma mission de volontaire national au ministère de la Planification du développement qui se trouve dans l’immeuble du Centre administratif des services économiques et financiers (CASEF). Immeuble qui se trouve dans le quartier administratif où se sont déroulés les travaux du #SommetDeLomé. A n’en pas douter, les fonctionnaires et toutes les personnes qui y travaillent ou aux alentours ont dû éprouver le même regret. Lorsque je descendais du bus ou du taxi et que le CASEF était sous mon nez, à 100 mètres environ, j’étais obligé de contourner la bibliothèque nationale et de faire 150 voire 200 mètres de plus pour y accéder. Le comble, c’est quand j’arrivais devant la barrière de sécurité et qu’aucune des forces de l’ordre et de sécurité ne pipait mot, ne me demandait ma carte d’identité ni ne fouillait mon sac et que je les dépassais comme si de rien n’était. J’étais ulcéré. Ils avaient, en tout cas, trouvé un bon moyen de gâcher mes journées. Car je me demandais pourquoi ils me forçaient à contourner. Les midis, je me rendais compte de l’importance des revendeuses de riz, de pain, de mets aussi variés les uns que les autres et de fruits qui se trouvaient devant le CASEF et aux alentours. Il fallait se farcir ou recourir au pis-aller à la cantine du CASEF dont les plats proposés laissent parfois à désirer. Ou carrément quitter le quartier administratif le temps de la pause pour son déjeuner. Mais au retour, il fallait encore passer le dispositif de sécurité et écouter la même antienne du matin auprès des policiers ou militaires. Ils respectent les consignes me diriez-vous. Mais, franchement, ils m’ont saoulé. Le clou de ce dispositif de sécurité a été le vendredi 14 octobre, jour de la venue des chefs d’Etat et de gouvernement et veille du #SommetDeLomé proprement dit où la fameuse charte de Lomé devait être signé. Il y avait un embouteillage monstre dans les environs du quartier administratif. Toutes les ruelles étaient bloquées par des barrières avec des militaires kalachnikovs en bandoulière. Les piétons subissaient le traitement habituel : montrer sa carte d’identité  et se faire fouiller son sac si ça se trouve. Les motos et les voitures ne pouvaient plus passer même avec leurs badges « Laisser passer ». Les fonctionnaires, à qui on disait indirectement : « Rentrez chez vous  », étaient obligés d’aller garer leurs engins ailleurs avant de rejoindre leurs bureaux. Je pense qu’on aurait pu éviter tout cette humiliation aux fonctionnaires.

Une semaine de congés n’aurait fait de mal à personne

L’hôtel qui abritait les travaux et quelques-uns des participants du #SommetDeLomé se trouvait dans le quartier administratif et les convois incessants sous escortes policières ont désarçonné plus d’une fois les fonctionnaires. Un congé le temps du #SommetDeLomé à tous les fonctionnaires et à tous ceux qui y travaillaient aurait été le bienvenu et convenable.  Vous me direz que je ne suis pas économiste et que ça aurait plombé l’économie nationale. Ça aurait pu éviter de les traiter comme des malpropres. Aucun sacrifice n’était plus grand lorsqu’il s’est agit du #SommetDeLomé sauf celui-ci. Le sommet aurait dû être se tenir ailleurs que dans le quartier administratif qui jouxtait le grand marché de Lomé où affluent chaque jour des milliers de commerçants et d’opérateurs économiques. J’imagine leurs frustrations et l’impact qu’une telle situation a pu avoir sur leurs affaires de la semaine.

Enfin, le seul point positif que j’ai pu trouver si je me mets dans la posture d’un profane, ce sont ces wifi bilingues « SOMMET UA_Lomé » et « AU MEETING_Lomé » qui étaient libres d’accès dans le quartier administratif en guise de wifi public temporaire. Qui a dit qu’un wifi sans code d’accès était mauvais ?

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