JO 2016: Le Togo revient avec 2 records… nationaux battus aux jeux de l’improvisation

La délégation togolaise (5 athlètes et 14 dirigeants) est rentrée hier (25/08/2016) des Jeux Olympiques (JO) de Rio avec dans sa gibecière deux titres olympiques en natation remportés par Katie Ledecky et Micheal Phelps. Que dis-je? Pardon! Ce sont des américains. J’ai oublié. Trou de mémoire! Quel impair!

Un 2/5

La délégation est bien rentrée, bredouille, comme elle est partie sans ambitions, sans motivation, pataugeant dans une improvisation à haute dose. Elle s’est donc évertuée à rester fidèle à Pierre de Coubertin pour qui l’essentiel est de participer. Que dis-je? Encore un trou de mémoire! Les 5 athlètes togolais avaient une mission bien définie : celle de battre leurs records nationaux. Deux d’entre eux y sont parvenus. Il s’agit des nageurs de la délégation, j’ai nommé Eméric Kpegba et Mlle Rebecca Kpossi (50 mètres nage libre homme et dame). Vous comprenez donc logiquement que j’ai pu les confondre avec les deux mastodontes de la natation mondiale. Je l’avoue quand même, il faut comparer des choses comparables. Passons !

Qui a donc dit que les athlètes togolais étaient rentrés bredouilles? N’ont-ils pas fait de leur mieux vues les conditions dans lesquelles ils se sont préparés? Je tire plutôt chapeau à eux et plus particulièrement aux deux nageurs car dans mon pays, il n’y a pas de piscine olympique. Ils se sont débrouillés dans des piscines de quelques hôtels de Lomé.

Le bilan de la délégation togolaise a des allures de défaite annoncée et programmée. Doit-on parler de bilan pour des athlètes qui ont été invités pour la plupart et ne devaient remporter aucun titre olympique? Qui ne devaient faire que de la figuration et rester fidèle à Pierre de Coubertin? Ne doit-on pas plutôt s’en prendre aux autorités sportives de mon pays? Qu’ont-ils fait pour que ces athlètes puisent ramener des médailles du Brésil?

Un réel manque d’investissements

En 2015 par exemple, pour la préparation et la participation des fédérations nationales aux compétitions continentales et internationales, l’Etat, par le truchement du Ministère en charge des sports, a subventionné Toutes les fédérations d’une somme de 850 millions de FCFA. C’est pratiquement le même montant en 2016. Le Comité Nationale Olympique Togolais (CNOT) a bénéficié la même année (2015) de 20 millions de FCFA. 15 millions pour le Centre Régional d’Athlétisme de Lomé (CRAL). Quand on sait les moyens énormes qu’exigent le sport de haut niveau, on peut considérer ces sommes comme une goutte d’eau dans la mer. Et comme on pouvait s’y attendre, toutes les fédérations n’ont pu organiser les championnats et jeux nationaux (que 25%). « L’Etat n’a pas les moyens » me dira t-on.

C’est que l’Etat ignore qu’il y a une géopolitique du sport qui « est la guerre moins les fusils » selon Pascal Boniface. « Le sport en général, poursuit P. Boniface cité par Anthony Bellanger dans l’émission Géopolitique sur France Inter, et les Jeux Olympiques en particulier sont cette occasion unique rare dans le monde où le monde entier admire et s’identifie avec des jeunes femmes et hommes qui n’ont ni la même couleur de peau ni la même religion ni la même nationalité ». Anthony Bellanger donne par ailleurs la recette pour réussir aux Jeux Olympiques. « Pour réussir aux JO, dit-il, il faut les moyens. Il faut une forte implication étatique par le biais d’une éducation nationale forte. En plus il faut une stratégie sur le long terme. Des petits pays pauvres peuvent tirer leur épingle du jeu en se concentrant sur une discipline. C’est le cas de la Jamaïque avec l’athlétisme ou de l’Ethiopie ou du Kenya avec les coureurs de fond ». Avoir l’armée la plus puissante du monde ne garantit de bons JO et une kyrielle de médailles. « Ce sont les pays qui investissent le plus dans le sport et dans l’éducation des jeunes qui s’en sortent le mieux et pas ceux qui ont les plus gros canons et l’armée la plus affûtée » concluait A. Bellanger.

Dans le cas du Togo, je pourrai dire que ce n’est pas le pays qui brille le mieux par l’improvisation, par un manque criard de moyens à investir dans son sport et demande tout le temps à ses athlètes de faire des miracles qui s’en sort le mieux. J’espère ne pas vous reproduire le même billet au lendemain des JO d’été Tokyo 2020…

 

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